
Le 23 janvier 2026, lorsqu’ils étaient
en route vers le Centre de Conférence de la CSI-Afrique (FOPADESC) les
organisateurs pour le forum social des travailleurs ruraux et paysans
agriculteurs sur les risques sociaux et le droit à la protection sociale, les
deux assistants du Coordonnateur général de Solidarité et Action pour le
Développement Durable (SADD) reçurent alors un appel du comptable gérant du
centre, les informant que des policiers et des agents de la mairie de
Togblékopé s'étaient présentés sur place pour s'enquérir d'un « événement
politique » signalé depuis un haut lieu.
À leur arrivée, alors que le matériel
était en cours d'installation et que des participants venus de l'intérieur du
pays étaient déjà sur le site, le commissaire de police de Togblékopé fit
irruption dans la salle de réunion, accompagné de deux agents des forces de
l'ordre et de responsables du centre. Ils exigèrent de voir le responsable.
Pendant que le Coordonnateur général leur présentait les Termes de Référence
(TDR) et le programme indicatif, ils ordonnèrent aux participants d'évacuer
immédiatement la salle et de quitter le centre. Les participants s'exécutèrent,
et la salle fut fermée.
Interrogé sur une autorisation de la
mairie, le Coordonnateur général répondit négativement. Il justifia cette
absence par le fait que la rencontre se tenait dans un lieu privé, et non
public, rendant inutile une demande d'autorisation préalable selon la loi
togolaise (seule une information préalable étant requise). Il précisa que
l'événement était strictement social, sans caractère politique, et visait à
appuyer les politiques du Président du Conseil. Le commissaire insista
néanmoins sur l'obligation d'une autorisation formelle et enjoignit au
Coordonnateur de se rendre à la mairie pour s'expliquer. Ce dernier s'y rendit
sans délai.
Peu après, deux agents revinrent au
centre et demandèrent le responsable de la SADD au motif d'un « événement
politique » organisé. Environ une heure plus tard, de retour de la mairie où on
lui avait ordonné de suspendre l'activité, le Coordonnateur reçut un appel de
la mairie l'invitant à déposer une demande d'autorisation. Il plaida pour une
réponse rapide le même jour, les participants étant déjà sur place et venus de
loin. La mairie refusa, imposant un délai de 48 à 72 heures (soit mardi ou
mercredi suivant, un vendredi 15h), pour un coût de 15 000 FCFA.
Après l'évacuation du centre, les
organisateurs et participants se replièrent vers un centre catholique à
Légbassito pour repenser la stratégie, les participants devant se loger et
repartir le lendemain. Mais vers 17h, le commissaire de la mairie de Légbassito
intervint à son tour avec les forces de l’ordre demandant aux organisateurs de
disperser tout le monde et interdisant tout hébergement nocturne au centre. Car
il disait qu’ils avaient reçu l’ordre d’une source de haut lieu pour empêcher
que les participants soient hébergés dans le centre. Les participants ont dû
rentrer chez eux nuitamment.
Ainsi, le Forum social de la SADD (prévu
du 23 au 25 janvier 2026) fut totalement empêché par les autorités de
Togblékopé et de Légbassito, sous prétexte d'un « événement politique » sans
aucune preuve concrète, alors qu'il s'agissait d'une rencontre sociale.
Aucune mesure prise
L'équipe Solidarité et Action pour le Développement Durable (SADD) Les organisateurs du forum social Les participants (travailleurs ruraux, agriculteurs, venus de l’intérieur du pays)
Les forces de l’ordre (police de Togblékopé et de Légbassito) Les autorités municipales (mairies de Togblékopé et Légbassito)